Merci Mme Andrée Putman
L'annonce la semaine dernière de son décès, à l'âge de 87 ans, m'a sincèrement attristée. Andrée Putman représentait pour moi l'élégance, le talent, la force de caractère, l'audace. La superbe réussite d'une femme dans un monde, le design, encore très masculin lorsqu'elle perça. La lampe, achetée alors que j'étais ado, qui me permet aujourd'hui encore de lire en soirée, me rappelle que c'est grâce à elle que le design a su rencontrer le grand public. De même que la rétrospective organisée par l'Hôtel de ville de Paris en 2010 où je me suis précipitée, comme 250 000 visiteurs. Meubles, objets, agencements retraçaient son parcours et son style uniques.
Née en 1925 à Paris dans un milieu bourgeois, c'est d'abord en tant que pianiste qu'elle excelle. Mais, bravant sa famille, elle renonce à la musique, trop pesante, pour découvrir le monde. Mais que faire ? Elle sera coursière à la revue Fémina, journaliste dans divers magazines, collectionneuse d'œuvres d'art et côtoyera de nombreux artistes. En 1958, elle épouse le collectionneur, éditeur et critique d'art, Jacques Putman. Avec lui, elle concrétise son désir de rendre l'art accessible. A Prisunic où elle a été engagée comme directrice artistique, ils proposent des lithographies à tirage limité pour 100 francs. En 1971, elle créé avec Didier Grumbach une société pour le développement du prêt à porter et du textile, Créateurs et industriels. Elle révèlera de nombreux talents : Thierry Mugler, Jean-Charles de Castelbajac, Claude Montana… Puis elle créé le bureau Ecart, ressuscitant les talents oubliés : Eileen Gray, Jean-Michel Frank, Herbst… Parallèlement, elle commence à agencer des lieux. C'est l'aménagement en 1984 de l'hôtel Morgans à New York qui fait d'elle une icône du design. Chambres sobres, effets d'optique : le style Putman est révélé au grand public. Dès lors, elle ne cessera de réaliser des projets d'architecture intérieure, réconciliant matériaux "riches" et "pauvres", revisitant les modes de vie. Elle sera l'une des premières en France à vivre dans un loft. En 1997, elle créé le studio éponyme dont sa fille Olivia reprendra les rênes en 2007.
Photo Sipa Press.
