Quand la mode raconte l’Occupation
400 objets provenant des collections du musée Galliera de la mode de la ville de Paris et de prêts sont présentés jusqu’au 15 novembre au Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris/musée Jean Moulin (15e arrond. – Paris) : Accessoires et objets, témoignages de vies de femmes à Paris 1940-1944.
Chapeaux, turbans, sacs à bandoulières, chaussures à plates-formes… autant d’objets témoins du Paris des "Années noires" qui permettent de découvrir pour la première fois au Mémorial les aspects sociaux de l’Occupation.
Cet ensemble exceptionnel est mis en regard avec des photographies, journaux de mode, affiches, partitions de chansons, actualités cinématographiques, et agencé selon une scénographie qui donne une large place au contexte historique.
De 1940 à 1944, les Parisiennes s’adaptent aux conditions imposées par l’occupant et le gouvernement de Vichy
: attendre durant des heures devant les magasins, se protéger du froid, se déplacer dans Paris.
Malgré tout, la vie reprend ses droits : les cinémas et les théâtres, seuls lieux chauffés, n’ont jamais été autant fréquentés.
Face aux restrictions, les Parisiennes redoublent d’ingéniosité dans l’art de la récupération, de la substitution et des astuces, tout comme les créateurs, les artisans et les fabricants qui multiplient les inventions et adaptent leur production à la pénurie (semelle de bois articulée ou compensée, besace en bandoulière…).
L’utilisation d’ersatz (rayonne, fibranne…), de matériaux inhabituels (papier journal, bois…) ou usagés (pneu, chute de tissu et de cuir…) s’impose.
L’accessoire joue un rôle significatif par sa fonction et sa symbolique politique.
Outil de la propagande de Vichy (portrait de Pétain imprimé sur un foulard), il est aussi utilisé par les Résistantes dans leurs actions (sac à double fond et double paroi pour dissimuler les tracts, cartes au millionième imprimées sur des foulards).
Il accompagne le quotidien des Parisiennes, des moments tragiques à l’explosion de joie de la Libération.