Objet sensible

Des choses et d’autres, mais essentielles. Car la beauté de l’objet c’est la beauté du geste. Celui de le créer puis celui de l’aimer. Objets inanimés, avez-vous une âme ? Oui, oui, la nôtre !

24 mars 2008

60 ans d'Air du temps

L_Air_du_tempsAprès la guerre pendant laquelle son activité s’était interrompue, la Maison de couture Nina Ricci, qui se lance à l’international, met son esprit créatif au service de la parfumerie.
En 1948 naît L’Air du temps.
Alors que les compositions de l’époque sont capiteuses, cette fragrance ose la fraîcheur, la légèreté, la délicatesse avec ses notes d’oeillet et gardénia (note de tête), rose et jasmin (note de cœur), iris, bois de santal de mysore, girofle... Une trentaine ingrédients composent ce parfum imaginé par Francis Fabron.
Une originalité qui répond certainement à ce qu’attendent les femmes au lendemain de la guerre, car après une entrée sur le marché un peu timide, le parfum connaît un vrai succès.
Son superbe flacon, dessiné par Jean Rebull et conçu par Marc Lalique, n’y est certainement pas étranger : un soleil surmonté d’une colombe en 1948, puis de deux colombes dès 1951. En 1999, il reçoit  d’ailleurs le titre de flacon du siècle.
Une création qui évoque l’intemporalité et défie le temps : L’Air du temps, best-seller de la Maison Nina Ricci, est l’un des parfums les plus vendus dans le monde.
Cette année, ce parfum emblématique fête donc ses 60 ans. A cette occasion, Olivier Theyskens, l'actuel directeur artistique de la marque, l’a habillé en s’inspirant d’une élégante robe drapée en voile jaune de la collection automne hiver 2007/2008 Nina L_Air_du_temps_60_ansRicci. Ainsi paré de plumes vertes, il évoque une fleur légère.
Cette édition limitée très couture de 50 ml sera disponible dès avril.

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16 mars 2008

Louise Bourgeois : l'art à bras le corps

Louise_BourgeoisL’œuvre de Louise Bourgeois est troublante. Sans doute parce que, exploration de son propre intime, elle nous renvoie à notre condition humaine à tous.
Mère araignée, femmes maisons, enfance inspiration, père trahison… autant de thèmes obsessionnels, fondateurs de cette œuvre qui se révèle être pour Louise Bourgeois une question de vie ou de mort. Elle sacrifie la vie à son art parce que celui-ci lui permet de vivre. Un art thérapie avec lequel elle exorcise ses peurs, ses drames, ses souffrances. « J’ai misé sur l’art plutôt que sur la vie », précise-t-elle, et son œuvre monumentale Precious liquids affiche que « L’art est une garantie de santé mentale ».
Née le jour de Noël en 1911, dans une famille aisée et artiste installée à Paris, Louise Bourgeois, après des études à l’école du Louvres, suivra en 1938 son mari, l’historien d’art américain Robert Goldwater à New York où elle vit encore aujourd’hui. Dans les années 40, elle rencontre les surréalistes en exil et monte une exposition en collaboration avec Marcel Duchamp. Du dessin, elle passe à la sculpture, son art libérateur.
Renouvelant sans cesse son expression à travers différents mouvements artistiques, Louise Bourgeois développe un langage personnel, nous donnant à voir avec force sa vérité.
Pas de sensiblerie dans cette œuvre-là, où les corps sont découpés, desséchés, greffés… Mais l’authenticité qui en découle provoque l’émotion.
E n 1982, le MoMA lui consacre sa première rétrospective, la première aussi que le musée d’art moderne de NewYork consacre à une femme. Elle a alors 71 ans. Artiste majeure de la fin du 20e siècle et du début du 21e siècle, son œuvre, entre figuration et abstraction, exerce spiderune grande influence sur de nombreux artistes.
L’exposition rétrospective de son œuvre, organisée par le Centre Pompidou (4e arrond.) en collaboration avec la Tate Modern de Londres jusqu’au 2 juin, présente plus de 200 oeuvres - peintures, sculptures, installations, dessins, gravures, objets -, réalisées entre 1940 et 2007. 67 ans de création.

Photo 1 : Louise Bourgeois en 1990, derrière sa sculpture en marbre Eye to Eye, 1970 - Photo Raimon Ramis

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08 mars 2008

Presse à la mode

petit__chos_de_la_modeParcourir l’exposition consacrée au Petit Echo de la mode, à la Bibliothèque Forney  (4e arrond.) jusqu’au 3 mai, c’est un peu redécouvrir l’histoire de la presse spécialisée et celle de la mode.
103 ans d’existence de ce journal, qui doit faire rêver pas mal de titres aujourd’hui, sont ainsi contés : c’est en effet l’un des plus grands tirages de la presse française.
Cet hebdomadaire familial et féminin a été fondé en1880 par Charles Huon de Penanster.
Le succès fut immédiat. De 19 000 à ses débuts, le magazine atteindra 1,5 million d’exemplaires en 1950.
Mais la concurrence et la télévision auront raison du Petit Echo de la mode, qui disparaît en 1983.
Une saga retracée à travers des exemplaires originaux du magazine, mais également des costumes et des accessoires de mode.

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01 mars 2008

Man Ray, le génie de l'imaginaire

Man_RayDu 5 mars au 1er juin, la Pinacothèque de Paris (8e arrond.) met Man Ray, un pionnier de l’art moderne, à l’honneur avec l’exposition «L’Atelier Man Ray, Unconcerned but not indifferent». Un événement!
Emmanuel Radnitzky, dit Man Ray, est né le 27 août 1890 à Philadelphie (États-Unis). Après ses études secondaires, il se consacre au dessin, à la peinture et fréquente l'école libertaire Ferrer Centre, puis l'Armory Show, où il rencontre des artistes européens d'avant-garde, notamment Marcel Duchamp. Avec lui, il crée une branche à New York du mouvement Dada, mais celui-ci reçoit peu d'écho. Il part alors en 1921 s'installer à Paris. Au centre de la vie artistique, il rencontre peintres, photographes, poètes et intellectuels. Marcel Duchamp lui présente les surréalistes Louis Aragon, André Breton, Paul Éluard et Gala, Théodore Fraenkel, Jacques Rigaut et Philippe Soupault. A Montparnasse, où il a posé ses valises, il croise la chanteuse et modèle Kiki de Montparnasse, dont il tombe amoureux.
Il rencontre également le couturier Paul Poiret, pour qui il réalise de nombreuses photos de mode, qui contribuent à le faire connaître. Avec Jean Arp, Max Ernst, André Masson, Joan Miró et Pablo Picasso, il présente ses œuvres à la première exposition surréaliste de la galerie Pierre à Paris en 1925, et en 1928, il tourne à la villa de Noailles, à Hyères, la propriété de son amie Marie-Laure de Noailles, son premier film Les Mystères du Château des Dés.
Durant trente ans, Man Ray révolutionne la photographie. Les grands artistes, James Joyce, Gertrude Stein ou encore Jean Cocteau posent devant son objectif. En 1940, après la défaite, Man Ray s'embarque pour les États-Unis en compagnie de Salvador Dalí, de Gala et du cinéaste René Clair. A Hollywood, il rencontre Juliet, qui deviendra sa femme, et décide de se remettre à peindre. Il meurt le 18 novembre 1976 et est inhumé au cimetière de Montparnasse où on peut lire sur sa tombe : "Unconcerned, but not indifferent" (Détaché, mais pas indifférent).
C’est son oeuvre polymorphe, l'une des plus inventives de son époque, résultat de la rencontre entre diverses techniques - dessin, peinture, sculpture, photographie, film, objets, assemblages… - et d’une imagination débordante et décalée, que nous emmène revisiter la Pinacothèque. Une rétrospective d’envergure, inédite : pour la première fois, toutes les facettes et les différentes époques de la création de l’artiste seront dévoilées à travers une sélection exceptionnelle d’œuvres, la plupart présentées pour la première fois, provenant du Man Ray Trust (Long Island, New York).

Pour redécouvrir de manière ludique la vie de Man Ray, il faut lire  le roman BD, Kiki de Montparnasse, de Catel & Bocquet, paru aux éditions Casterman écritures. Le portrait de l’artiste qui illustre ce texte en est extrait.

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27 février 2008

Une carte au parfum

Joli_soirSi le premier traité européen de parfumerie, Notandissimi Secreti del’Arte Profumatoria, date de 1555, l’art du parfum remonte à la nuit des temps.
Au fil des siècles, la parfumerie se perfectionne et se développe.
En France, Louis XIV définit par une nouvelle charte les conditions pour exercer le métier de parfumeur, lui qui jusque-là pouvait remplir également les fonctions de friseur, de barbier, voire de chirurgien !
Mais c’est la cour de Louis XV qui met le parfum à l’honneur.
En 1775, la célèbre maison Houbigant s’installe rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. D’autres suivront comme Piver, Lubin…
Sous le Directoire, les Maisons de parfumerie parisiennes connaissent un développement constant et prolifèrent littéralement au début du XXe siècle. Une concurrence qui rend les publicitaires de l’époque très créatifs.
Alors que le parfum s’affiche depuis 1830, la carte parfumée apparaît en 1860. Un formidable «support» pour les grands parfumeurs, qui, s’inspirant du papier d’Arménie, peuvent ainsi faire découvrir leurs gammes. Les cartes sont déposées dans les sacs à main, les armoires à linge, entre les pages des livres et sont même cousues dans les doublures des vêtements qu’elles parfument discrètement. Et lorsqu’elles ont perdu leur parfum, elles sont conservées pour leur beauté. Car les parfumeurs rivalisent aussi en matière d’iconographie, faisant appel aux plus grands illustrateurs : Mucha, Darcy, Drian, Cassandre…  magnifient ainsi l’image de Sauzé Frères, Mury, d’Orsay, Chéramy, Rigaud…
Pour l’exposition universelle de 1900, la maison Gellé Frères offre une carte à gratter au verso pour découvrir le nom du parfum et son illustration. Une originalité, une inventivité qui signeront les cartes L_Initialeparfumées jusque dans les années 30, période durant laquelle elles sont très en vogue.
Depuis 10 ans, les collectionneurs d’objets de parfumerie ont remis au goût du jour les cartes parfumées. Ils recherchent les anciennes pour leur rareté, la beauté de leurs illustrations, mais également les modernes, privilégiant des marques ou des thématiques.
Un regain d’intérêt qui a réveillé l’innovation, avec notamment les scent strip, scent seal et autre disc cover, ces cartes dotées de capsules, mais également l’édition de séries ou de tirages limités, comme Parfum royal de Jean Patou, tiré à 3 000 exemplaires, la première carte parfumée à tirage limité.
De nouvelles petites « madeleines de Proust »…

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25 février 2008

Indispensables nécessaires

catalogue_n_cessairesSi, comme moi, vous avez loupé l’exposition «Indispensables nécessaires», clôturée le mois dernier au musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau, plongez-vous vite dans son catalogue (Réunion des musées nationaux).
Rare ouvrage, à ma connaissance, entièrement dédié à ces objets précieux (Hermès a présenté en quelques pages sa collection dans Le monde d’Hermès n°38, repris dans le très bel album La beauté en voyage, des livres consacrés à la collection des objets de la beauté effleurent le sujet), il rassemble des textes très documentés et plus de 100 photos sur les plus beaux nécessaires.
On en trouve mention dès le XIVe siècle, mais ceux connus sont datés à partir du XVIe siècle. Simples étuis durant la Renaissance, renfermant les ustensiles pour le repas, ils deviennent sous l'Empire de magnifiques coffrets où sont précieusement conservés les objets nécessaires en cas de déplacement. Ecriture, toilette, n_cessaire_1couture, dessin, aquarelle, collation… ces compagnons de voyage permettent en effet de parer à toutes les nécessités.  Témoins des mœurs de ces époques, ils en révèlent également la maîtrise des techniques des arts décoratifs : l’ébénisterie, la gainerie, la cristallerie, l’orfèvrerie notamment. De véritables chefs-d’œuvre dont beaucoup ont appartenu à de grands personnages de l’Histoire. Comme ce nécessaire à broder de la reine Hortense (époque Restauration) en loupe de thuya et nacre, ce nécessaire dentaire de Napoléon en amboine, or et argent ou encore les très célèbres nécessaires de Marie-Antoinette que l’on peut aller admirer au Louvres et au musée international de la parfumerie à Grasse. La tradition perdure aujourd’hui avec les luxueux coffrets et trousses confectionnés par de grandes maisons.

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23 février 2008

A la senteur de la lampe Berger

Lampe_BergerLa lampe Berger est une jeune dame de 110 ans.
Le pharmacien Maurice Berger mène alors des recherches sur un procédé pour assainir l’air des chambres d’hôpital et lutter contre la prolifération des bactéries. Le procédé qu’il invente est unique : une combustion catalytique à haute température aux vertus désinfectantes, assainissantes et fumivore. En juin 1898, il dépose le brevet : la Lampe Berger est née. Deux ans plus tard, il ouvre une boutique à Paris, dans le quartier de la Madeleine, 18 rue Duphot, sous l’enseigne Ozosenteur.
En 1927, avec le rachat du fonds de commerce par l’industriel Jean-Jacques Failliot qui élargit la gamme, la lampe Berger entre dans les habitations. Et les grandes maisons et les artistes qui l’habillent, Gallé, Lalique, Baccarat, Saint-Louis, Sabino… en font un véritable objet d’art. Une success story qui s’écrit alors également en Belgique, en Hollande et au Canada.
La production est ralentie pendant les années de guerre, mais l’après-guerre confirme l’engouement. En 1950, apparaissent les premiers modèles en porcelaine et en faïence d’art. Avec Marcel Auvray qui reprend et relance l’entreprise en 1973, les gammes de produits sont renouvelées et rajeunies.
Depuis 1996, la société a renoué avec les artistes qui redessinent la lampe Berger. Une aubaine pour les collectionneurs du club, créé en1993, qui réunit aujourd’hui plus de 200 passionnés.

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19 février 2008

Eclatante opale

OpaleVous êtes stressé, vous vous endormez avec difficulté ? Portez une opale ! Certains reconnaissent à cette pierre semi-précieuse un effet calmant et apaisant. Symbole de l'amour tendre, elle aide à garder son sang froid et à faire bon usage de la colère. Elle donne du courage aux plus timides et protège les entreprises honnêtes… Mais on peut également la porter tout simplement pour sa beauté.
Son nom vient du sanscrit upala, qui signifie pierre précieuse. L’opale ne forme pas de cristaux : elle est amorphe. Elle se présente également en nodules et concrétions : elle est formée de très petits cristallites de quartz disposés sans ordre et contient 6 à 10 % d’eau. Elle est translucide et parfois irisée (opale noble) ou rouge–orangée (opale de feu) ou bien noire. Celle-ci, trouvée pour la première fois au XIX siècle en Australie, est très rare et d'une valeur égale au diamant. L’opale est déposée à basse température et se trouve dans certaines roches volcaniques. On en trouve en Australie, aux Etats-Unis, au Brésil, au Mexique et en France, dans les griffons de geyser et de sources thermales.
Elle était très appréciée du temps des Grecs et des Romains, d'une part comme porte-bonheur, et d'autre part pour ses vertus thérapeutiques en relations étroites avec l'œil. Une légende raconte que l'Éternel a changé en nuage magique une femme qui était convoitée par trois dieux. Le premier lui fit don de la couleur de l'azur, afin de pouvoir la distinguer des autres nuages. Le deuxième la teinta de rouge. Quand au troisième, il la para de la splendeur du soleil. L'Éternel la ramena alors sur terre sous la forme d'une opale. Mais c’est surtout durant l’époque de l’Art nouveau (1895 - 1910) que l’opale parera les bijoux. Les artistes vont alors chercher leur inspiration dans la nature, en réaction à la société industrielle. Le bijou s’allège, s’envole : libellule, abeille, papillon, glycine, iris… se posent sur les corsages, s’enroulent autour des poignets… magnifiant à merveille la beauté de l’opale.

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17 février 2008

Poiret l'audacieux

Manteau_PoiretLes prix se sont envolés ce 14 février à la vente des vêtements et accessoires provenant de la garde-robe de Denise Boulet-Poiret, femme du célèbre couturier.
Les 128 lots, qui ont tous trouvé acquéreurs, ont totalisé 608 040 euros, faisant pour beaucoup "exploser" les estimations.
Si l'on pouvait s'offrir quelques effets (ensemble de 4 mouchoirs, fond de robe) à 40 euros (la plus petite adjudication), le record a été décroché par un manteau de lainage écru à bandes prunes de 1920 avec 80 000 euros (voir l'ensemble des résultats de la vente ici).
Une vente qui démontre combien Poiret reste encore aujourd'hui "Poiret le magnifique". Celui dont l'audace lui valut de voir défiler chez lui le tout Paris est un monument du patrimoine de la mode française.
Connu pour avoir libéré la femme du corset, il a aussi fait souffler sur la mode occidentale un vent oriental chargé de tissus fins, de perles, de couleurs éclatantes comme le jaune jonquille, le rose bégonia ou le bleu de Delft, et fut le premier à présenter ses collections sur des mannequins vivants.
Poiret_manteauAutant de merveilles immortalisées par Iribe, puis Lepape. Et pour se replonger dans le Paris trépidant de Poiret, on peut relire son ouvrage "En habillant l'époque", paru chez Grasset (à dénicher chez un bouquiniste), dans lequel il retrace son parcours (sa jeunesse, Doucet, Worth, ses débuts de couturier, ses distractions, ses rencontres, son amour des arts décoratifs...).

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14 février 2008

L'épingle de cravate

Epingles_de_cravateDans la première moitié du XVIIe siècle, au cours de la guerre de Trente ans, la cravate est introduite en Europe par les mercenaires croates au service du roi de France.
Son usage était alors une coquetterie, servant essentiellement à masquer la chemise que l’on changeait fort peu à cette époque…
C’est avec la cravate au nœud anglais ou ascot, que l’épingle de cravate fait son apparition. Caractéristique à partir de la fin du XVIIIe siècle, ce nœud consiste à passer 2 fois autour du cou la cravate (une bande de tissu taillée dans une mousseline empesée), les pans assez longs qui retombent sur la poitrine étant croisés et retenus par une épingle. La mode de la cravate grandissant, tout au long du XIXe siècle, son usage va se répandre. En 1827, Emile de L’Empesé publie L’art de mettre sa cravate, un manuel de savoir-vivre indispensable aux dandys de l’époque. L’homme élégant porte alors une chaîne de montre, une bague, des _pingles_de_cravateboutons de manchette et une épingle de cravate. Si la perle est l’ornement le plus courant, bijoutiers et joailliers en feront des petites merveilles, comme en atteste la collection d’épingles de cravate du comte Nissim de Camondo, donnée au musée des Arts décoratifs par le comte Moïse de Camondo, en souvenir de son père, en décembre 1933. On peut ainsi aujourd’hui admirer ces 55 trésors, créés pour beaucoup par Frédéric Boucheron.

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