Objet sensible

Des choses et d’autres, mais essentielles. Car la beauté de l’objet c’est la beauté du geste. Celui de le créer puis celui de l’aimer. Objets inanimés, avez-vous une âme ? Oui, oui, la nôtre !

08 mai 2008

Les Parisiennes au musée

ParisiennesOn les attendait plutôt au bord d’une piscine, au volant d’une décapotable, dans une cabine d’essayage, dans les bras d’un beau brun ou d’un grand blond… elles sont au musée Carnavalet (3e arrond.) du 14 mai au 26 octobre. 
Un vrai moment "nostalgie" pour moi, qui ne lisais chez ma grand-mère le journal, un peu barbant Jour de France, que pour les dessins de Kiraz.
Ces filles élégantes sans être mièvres, faussement ingénues, toujours très tendance, libres et sans préjugés ont rendu célèbre Edmond Kirazian, alias Kiraz.
Né en 1923 au Caire, il fait des dessins politiques dans le Paris d'après-guerre avant de changer définitivement de style… Les parisiennes naissent en 1953 et connaissent le succès dans les années 60, à les_parisienneskiraz_parisiennestravers les pages de Jour de France, qui les publie de 1959 à 1987.
Paris match les accueillera également, mais aujourd’hui, c’est dans les pages glacées de Playboy qu’elles poursuivent leurs aventures. Cette exposition, première rétrospective de Kiraz, qui rassemble 130 œuvres (gouaches, peintures inédites, dessins, croquis, photographies, coupures de presse, reportages, affiches publicitaires…) est une belle occasion de découvrir que les Parisiennes n’ont pas pris une ride !
Et pour moi, de les relire. J’ai exhumé d’une pile de BD un petit album, paru kirazen 1994 chez Assouline, dans lequel Les Parisienne se marient. Il est préfacé par une certaine Carla Bruni…

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04 mai 2008

Bijoux sculptures, L'art vous va si bien

bijoux_sculpturesIl n’y a pas que Bienvenue chez les ch’tis qui donnent envie de redécouvrir le Nord, il y aussi actuellement une superbe exposition, Bijoux sculptures, L'art vous va si bien, présentée à la Piscine, musée d'art et d'industrie André Diligent, de Roubaix jusqu'au 25 mai. Elle met à l’honneur les parures créées par les artistes, plasticiens, peintres ou sculpteurs.
Les grandes signatures du XXe siècle se sont en effet intéressées à cet accessoire, y découvrant un nouveau terrain d'expression. Comme Picasso, qui a travaillé avec l’orfèvre François-Victor Hugo (l’arrière petit-fils de l’écrivain) à partir de la fin des année 50. Picasso avait déjà créé à la fin des années 30 divers objets – amulettes de terre cuite, galets gravés montés en pendentifs – pour Dora Maar. Mais avec cette collaboration, ce sont notamment des médaillons d’or et d’argent qui naissent à partir des céramiques et dessins apportés par l’artiste.
man_rayLF.-V. Hugo collaborera également avec André Derain qui songeait à des "sculptures portables", Jean Cocteau qui créa une collection de bijoux poétiques, Max Ernst, mais aussi Arp, Lurçat, Matta…
En France, un autre éditeur, Artcurial, permis au public de découvrir ces bijoux sculptures. De 1975 à 1997, la galerie rend ainsi accessible le travail de Sonia Delaunay, Chirico, Berrocal, Alicia Penalba ou encore Claude Lalanne, dont les créations inspirées de la nature connurent un vrai succès.
Cette manifestation à Roubaix, qui dévoile pour la première fois cette facette CRartistique, permet d’admirer les compositions de tous ces maîtres, mais aussi de Niki de Saint-Phalle, le travail sur la ligne de Bernar Venet, dont la femme, Diane Venet est à l’origine de cette exposition, de Braque, Man ray, Calder, Louise Bourgeois…
150 œuvres au total, figuratives, abstraites ou conceptuelles.
Autant de merveilles qui instaurent une relation toute particulière, car très intime, entre l’artiste et le public en laissant à celui-ci la possibilité de toucher et porter son oeuvre.

Catalogue : Bijoux sculptures, L'art vous va si bien, éditions Gallimard.

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16 mars 2008

Louise Bourgeois : l'art à bras le corps

Louise_BourgeoisL’œuvre de Louise Bourgeois est troublante. Sans doute parce que, exploration de son propre intime, elle nous renvoie à notre condition humaine à tous.
Mère araignée, femmes maisons, enfance inspiration, père trahison… autant de thèmes obsessionnels, fondateurs de cette œuvre qui se révèle être pour Louise Bourgeois une question de vie ou de mort. Elle sacrifie la vie à son art parce que celui-ci lui permet de vivre. Un art thérapie avec lequel elle exorcise ses peurs, ses drames, ses souffrances. « J’ai misé sur l’art plutôt que sur la vie », précise-t-elle, et son œuvre monumentale Precious liquids affiche que « L’art est une garantie de santé mentale ».
Née le jour de Noël en 1911, dans une famille aisée et artiste installée à Paris, Louise Bourgeois, après des études à l’école du Louvres, suivra en 1938 son mari, l’historien d’art américain Robert Goldwater à New York où elle vit encore aujourd’hui. Dans les années 40, elle rencontre les surréalistes en exil et monte une exposition en collaboration avec Marcel Duchamp. Du dessin, elle passe à la sculpture, son art libérateur.
Renouvelant sans cesse son expression à travers différents mouvements artistiques, Louise Bourgeois développe un langage personnel, nous donnant à voir avec force sa vérité.
Pas de sensiblerie dans cette œuvre-là, où les corps sont découpés, desséchés, greffés… Mais l’authenticité qui en découle provoque l’émotion.
E n 1982, le MoMA lui consacre sa première rétrospective, la première aussi que le musée d’art moderne de NewYork consacre à une femme. Elle a alors 71 ans. Artiste majeure de la fin du 20e siècle et du début du 21e siècle, son œuvre, entre figuration et abstraction, exerce spiderune grande influence sur de nombreux artistes.
L’exposition rétrospective de son œuvre, organisée par le Centre Pompidou (4e arrond.) en collaboration avec la Tate Modern de Londres jusqu’au 2 juin, présente plus de 200 oeuvres - peintures, sculptures, installations, dessins, gravures, objets -, réalisées entre 1940 et 2007. 67 ans de création.

Photo 1 : Louise Bourgeois en 1990, derrière sa sculpture en marbre Eye to Eye, 1970 - Photo Raimon Ramis

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08 mars 2008

Presse à la mode

petit__chos_de_la_modeParcourir l’exposition consacrée au Petit Echo de la mode, à la Bibliothèque Forney  (4e arrond.) jusqu’au 3 mai, c’est un peu redécouvrir l’histoire de la presse spécialisée et celle de la mode.
103 ans d’existence de ce journal, qui doit faire rêver pas mal de titres aujourd’hui, sont ainsi contés : c’est en effet l’un des plus grands tirages de la presse française.
Cet hebdomadaire familial et féminin a été fondé en1880 par Charles Huon de Penanster.
Le succès fut immédiat. De 19 000 à ses débuts, le magazine atteindra 1,5 million d’exemplaires en 1950.
Mais la concurrence et la télévision auront raison du Petit Echo de la mode, qui disparaît en 1983.
Une saga retracée à travers des exemplaires originaux du magazine, mais également des costumes et des accessoires de mode.

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01 mars 2008

Man Ray, le génie de l'imaginaire

Man_RayDu 5 mars au 1er juin, la Pinacothèque de Paris (8e arrond.) met Man Ray, un pionnier de l’art moderne, à l’honneur avec l’exposition «L’Atelier Man Ray, Unconcerned but not indifferent». Un événement!
Emmanuel Radnitzky, dit Man Ray, est né le 27 août 1890 à Philadelphie (États-Unis). Après ses études secondaires, il se consacre au dessin, à la peinture et fréquente l'école libertaire Ferrer Centre, puis l'Armory Show, où il rencontre des artistes européens d'avant-garde, notamment Marcel Duchamp. Avec lui, il crée une branche à New York du mouvement Dada, mais celui-ci reçoit peu d'écho. Il part alors en 1921 s'installer à Paris. Au centre de la vie artistique, il rencontre peintres, photographes, poètes et intellectuels. Marcel Duchamp lui présente les surréalistes Louis Aragon, André Breton, Paul Éluard et Gala, Théodore Fraenkel, Jacques Rigaut et Philippe Soupault. A Montparnasse, où il a posé ses valises, il croise la chanteuse et modèle Kiki de Montparnasse, dont il tombe amoureux.
Il rencontre également le couturier Paul Poiret, pour qui il réalise de nombreuses photos de mode, qui contribuent à le faire connaître. Avec Jean Arp, Max Ernst, André Masson, Joan Miró et Pablo Picasso, il présente ses œuvres à la première exposition surréaliste de la galerie Pierre à Paris en 1925, et en 1928, il tourne à la villa de Noailles, à Hyères, la propriété de son amie Marie-Laure de Noailles, son premier film Les Mystères du Château des Dés.
Durant trente ans, Man Ray révolutionne la photographie. Les grands artistes, James Joyce, Gertrude Stein ou encore Jean Cocteau posent devant son objectif. En 1940, après la défaite, Man Ray s'embarque pour les États-Unis en compagnie de Salvador Dalí, de Gala et du cinéaste René Clair. A Hollywood, il rencontre Juliet, qui deviendra sa femme, et décide de se remettre à peindre. Il meurt le 18 novembre 1976 et est inhumé au cimetière de Montparnasse où on peut lire sur sa tombe : "Unconcerned, but not indifferent" (Détaché, mais pas indifférent).
C’est son oeuvre polymorphe, l'une des plus inventives de son époque, résultat de la rencontre entre diverses techniques - dessin, peinture, sculpture, photographie, film, objets, assemblages… - et d’une imagination débordante et décalée, que nous emmène revisiter la Pinacothèque. Une rétrospective d’envergure, inédite : pour la première fois, toutes les facettes et les différentes époques de la création de l’artiste seront dévoilées à travers une sélection exceptionnelle d’œuvres, la plupart présentées pour la première fois, provenant du Man Ray Trust (Long Island, New York).

Pour redécouvrir de manière ludique la vie de Man Ray, il faut lire  le roman BD, Kiki de Montparnasse, de Catel & Bocquet, paru aux éditions Casterman écritures. Le portrait de l’artiste qui illustre ce texte en est extrait.

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