20 décembre 2009
Bagues anciennes d'exception

Si vous passez par le 1er arrondissement à Paris d'ici le 6 janvier, faites une visite au Louvre des antiquaires : la Galerie des Enluminures y présente "Une machine à remonter le temps : les bagues du Moyen Age et de la Renaissance", une exposition d'une centaine de pièces originales d'exception.
On découvre ainsi l’histoire et les fonctions de ces bagues, qui étaient tout à la fois marques d'identification, mode d'expression de croyances religieuses, cadeaux d'amitié ou d'amour, 
symboles de statut social et accessoires de mode. Certaines encore authentifiaient les documents, telles les « bagues nominatives » ou les « bagues cachets ».
De véritables petits trésors que l'on peut offrir ou s'offrir (prix à partir de 2 000 euros) ou juste les essayer, pour le plaisir.
Descriptions des bagues exposées disponibles sur www.medieval-rings.com
11 octobre 2009
Louis Comfort Tiffany : Couleurs et lumière
Jusqu’au 17 janvier, le musée du Luxembourg à Paris présente la première exposition monographique en Europe de l'artiste américain Louis Comfort Tiffany (1848-1933).
Fils de Charles Lewis Tiffany, fondateur de la célèbre maison Tiffany & Co à New York, il figure parmi les plus talentueux créateurs de tous les temps.
Vitraux, vases, luminaires, objets, bijoux, mosaïques, dessins, aquarelles et photos d’époque : quelque 160 œuvres révèlent la remarquable contribution de Tiffany, tant à l’industrie du verre qu’à l’ensemble des arts décoratifs.
Son regard de peintre en matière de couleur et de composition, sa passion pour l’exotisme et ses innovations dans le domaine du verre font de lui, dès 1900, un chef de file du design américain dont la réputation s’étend jusque dans les grandes capitales européennes.
L'ornementation somptueuse, le travail soigné, les effets spectaculaires et originaux de lumière et couleur de sa 
production verrière le placent au cœur de nombreux mouvements artistiques de son époque, de l'Arts & Crafts et le Mouvement esthétique américain jusqu'à l'Art Nouveau et le Symbolisme.
Parmi les “trésors” exposés, les visiteurs peuvent admirer un ensemble exceptionnel de vitraux qui a été démonté, étudié, restauré et transporté à l’occasion de cette exposition.
20 septembre 2009
Brigitte Bardot, les années insouciance
On oublie la Brigitte Bardot actuelle, qui a choisi la cause animale contre celle de l’homme, pour courir voir l’exposition présentée jusqu’au 31 janvier prochain à Boulogne-Billancourt, au musée des années 30, espace Landowski.
Cette BB là incarne à elle seule la décennie des années 1960, tant elle influença la mode, les médias, la condition féminine...
Un bel hommage qui fait revivre le mythe Bardot à travers des extraits de films, des photos inédites, des portraits peints, des costumes et de très nombreux documents et objets.
13 septembre 2009
Galeries Lafayette : l’art de David Lynch en vitrine
Deux ans après son exposition de photos à la Fondation Cartier, David Lynch, artiste multidisciplinaire, dévoile une nouvelle facette de son talent en réalisant, à l’invitation des Galeries Lafayette (9e arrond. - Paris), 11 vitrines et en exposant des lithographies accompagnées de courts métrages dans la galerie du grand magasin.
Des créations qui sont nées à Paris, dans l’atelier que l’artiste a acheté en 2007 dans le quartier Montparnasse et où ont travaillé Chagall, Picasso et Miro.
David Lynch y expérimente, pour donner forme à ses idées, toutes les disciplines : le cinéma bien sûr, mais aussi la peinture, la photo, la sculpture, la musique... A 56 ans, il vient de créer un groupe de rock, Blue Bob, et s’est lancé dans le chant et l’apprentissage de la guitare.
Autant de supports pour projeter son univers fascinant et nous faire entrer dans son imaginaire.
Avec ses vitrines, David Lynch parle de la femme, de la machine et de l’abstraction.
“J'ai voulu montrer toutes les identités qui coexistent chez la femme du XXIe siècle. Avec le reflet du verre qui renvoie l'image floutée des passants, ce jeu d'univers parallèles se rapproche de mes films, où une même actrice interprète plusieurs personnages. J'ai dessiné des décors très abstraits. Des paysages cubistes peuplés de sculptures, de rouages, de meubles, de vidéos, de sons. Je vois ces vitrines comme un labyrinthe, un street museum où se déplacer à travers des indices. Une vitrine, c'est une porte transparente sur l'inconnu."
Vitrines "Machines-Abstraction-Women" et "I see myself", exposition de lithographies, jusqu’au 3 octobre.
16 août 2009
Quand la mode raconte l’Occupation
400 objets provenant des collections du musée Galliera de la mode de la ville de Paris et de prêts sont présentés jusqu’au 15 novembre au Mémorial du Maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris/musée Jean Moulin (15e arrond. – Paris) : Accessoires et objets, témoignages de vies de femmes à Paris 1940-1944.
Chapeaux, turbans, sacs à bandoulières, chaussures à plates-formes… autant d’objets témoins du Paris des "Années noires" qui permettent de découvrir pour la première fois au Mémorial les aspects sociaux de l’Occupation.
Cet ensemble exceptionnel est mis en regard avec des photographies, journaux de mode, affiches, partitions de chansons, actualités cinématographiques, et agencé selon une scénographie qui donne une large place au contexte historique.
De 1940 à 1944, les Parisiennes s’adaptent aux conditions imposées par l’occupant et le gouvernement de Vichy
: attendre durant des heures devant les magasins, se protéger du froid, se déplacer dans Paris.
Malgré tout, la vie reprend ses droits : les cinémas et les théâtres, seuls lieux chauffés, n’ont jamais été autant fréquentés.
Face aux restrictions, les Parisiennes redoublent d’ingéniosité dans l’art de la récupération, de la substitution et des astuces, tout comme les créateurs, les artisans et les fabricants qui multiplient les inventions et adaptent leur production à la pénurie (semelle de bois articulée ou compensée, besace en bandoulière…).
L’utilisation d’ersatz (rayonne, fibranne…), de matériaux inhabituels (papier journal, bois…) ou usagés (pneu, chute de tissu et de cuir…) s’impose.
L’accessoire joue un rôle significatif par sa fonction et sa symbolique politique.
Outil de la propagande de Vichy (portrait de Pétain imprimé sur un foulard), il est aussi utilisé par les Résistantes dans leurs actions (sac à double fond et double paroi pour dissimuler les tracts, cartes au millionième imprimées sur des foulards).
Il accompagne le quotidien des Parisiennes, des moments tragiques à l’explosion de joie de la Libération.
01 août 2009
Dior, les années Bohan
Petite idée de découverte à tous les vacanciers et les autres qui passeront du côté de Granville :
l’exposition Dior, les années Bohan. Trois décennies de styles et de stars (1961-1989), présentée jusqu’au 20 septembre.
Le musée Dior, installé dans la villa "Les Rhumbs", maison natale du couturier, rend hommage pour la première fois à Marc Bohan, directeur artistique de la Maison Dior de 1961 à 1989.
Quelque 60 pièces Haute-Couture mettent en lumière le travail de ce créateur discret qui sut faire vivre et évoluer l’esprit Dior.
Musée Christian Dior, rue d'Estouteville, 50400 Granville.
14 juillet 2009
Alfons Mucha : une œuvre ensorcelante
Alors que le Musée de la publicité (Paris – 1er arrond) rend hommage à Toulouse Lautrec, le musée Fabre de Montpellier agglomération célèbre jusqu’au 20 septembre une autre grande figure de la Belle époque, Alfons Mucha (1860-1939).
Près de 280 œuvres (peintures, dessins, affiches, livres, photographies, bijoux, pièces de mobilier, objets d’art, dont deux très grands panneaux de l’Epopée Slave et le décor intérieur du pavillon de la Bosnie-Herzégovine) sont réunies pour la première fois en France et témoignent des importants bouleversements artistiques, politiques et idéologiques du début du XXe siècle dans lesquels l’Europe actuelle puise ses racines.
Panorama complet de la production foisonnante de Mucha, cette rétrospective restitue l’atmosphère de créativité caractéristique de la Belle Epoque.
Elle révèle aussi les ambitions humanistes d’un artiste slave profondément engagé, en quête d’universalité qui, 
convaincu de son destin national, n’hésita pas à renoncer à la modernité "européenne" qui avait fait sa renommée pour se consacrer à la gloire de sa patrie.
C’est la grande Sarah Bernhardt qui, séduite par son style, assure sa réputation à Paris en lui confiant de 1894 à 1900 la création de ses affiches.
1900 est aussi l’année où il obtient la médaille d’argent pour le décor du Pavillon de la Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle à Paris, fréquentée par 51 millions de visiteurs. La consécration !
Parallèlement Mucha s’intéresse à tous les arts : il s’associe avec le joaillier Georges Fouquet pour créer des bijoux, dessine meubles et objets d’arts et signe de nombreuses affiches 
publicitaires (Moët et Chandon, Heidsieck, Nestlé, Job…).
Mais Mucha reste attaché à la peinture d’Histoire.
Homme à la foi fervente, profondément humaniste, il souhaite participer à l’élévation spirituelle de l’Homme et mettre son talent et sa passion au service de la cause de sa vie : un programme monumental dévolu à la gloire des peuples slaves.
Il ambitionne alors de devenir le héraut de sa patrie.
Le riche industriel et homme politique aux sympathies slavophiles, Charles R. Crane, accepte de financer son projet.
Entre 1912 et 1926, il achève le cycle de L’Epopée slave, 20 tableaux couvrant près de 1 000 mètres carrés de toile peinte, œuvre gigantesque qui célébre le génie slave au moment de
l’indépendance de la Tchécoslovaquie.
Lors de la fondation de la République tchécoslovaque en 1918, où il vit désormais, Mucha dessine les armes de la nouvelle nation, les premiers timbres-poste, des billets de banque…
En 1939, il sera inquièté, à Prague, par l’occupant nazi, sans doute pour son appartenance à la franc-maçonnerie, avant de s’éteindre quelque mois plus tard, en juillet.
Après la guerre, le pouvoir communiste n’apprécie pas son art "bourgeois".
Il faudra attendre les années 1960 pour que son œuvre soit redécouverte, grâce au regain d’intérêt que connaît alors l’Art nouveau.
Cette exposition constitue une perspective nouvelle sur la créativité de l’un des plus célèbres représentants de l’Art nouveau dont l’œuvre parvient tout à la fois à exprimer la grâce et la force. Une séduction puissante.
05 juillet 2009
Madeleine Vionnet, puriste de la mode
Pour la première fois à Paris, une exposition permet jusqu’au 31 janvier prochain de (re)découvrir le travail de Madeleine Vionnet (seules 2 expositions jusqu’à aujourd’hui, à Marseille et à Lyon, avaient montré son œuvre), figure majeure de l’histoire de la mode, celle qui était considérée comme "le couturier des couturiers".
La rétrospective du Musée des arts décoratifs (Paris – 1er arrond.) regroupe 130 modèles, de 1912 à 1939, mis en scène par la grande Andrée Putman.
Ils révèlent la technique de cette pionnière qui a construit ses vêtements pour les corps des femmes "décorsetés", en maîtrisant la coupe en biais, l’art du drapé, de la forme jusqu’à une pureté absolue des lignes.
Un génie mis au service des femmes et de leur bien-être, qui participe à la transformation de la silhouette et de l’esthétique, marquant ainsi l’évolution de l’émancipation du corps féminin.
Née en 1876 dans le Loiret, d’une famille modeste, elle a 5 ans lorsque celle-ci s’installe à Aubervilliers. A 12 ans, 
Madeleine Vionnet quitte l’école pour travailler et apprendre la couture chez la femme du garde champêtre. A 18 ans, elle décide d’apprendre l’anglais et se rend outre Manche où elle est lingère. En 1896, elle est engagée chez Kate Reily, maison de couture londonienne, où elle débute véritablement son apprentissage de la couture. 5 ans plus tard, de retour à Paris, elle entre chez les sœurs Callot, une des maisons de couture les plus prestigieuses, et en 1906, Jacques Doucet fait appel à elle et lui confie le soin de "rajeunir" sa maison. Mais ses idées novatrices (elle propose aux mannequins de marcher pieds nus, vêtues de robes souples portées à même le corps sans corset) se heurtent aux réticences de la maison.
Elle décide alors de voler de ses propres ailes : en1912, elle ouvre sa maison de couture, au 222 rue de Rivoli. Mais la Grande guerre la contraint à la fermer en 1914. Dès sa réouverture en 1918, elle impose sa modernité et connaît le succès. En 1923, trop à l’étroit, elle aménage un hôtel particulier, au 50 avenue Montaigne, et
confie au décorateur Georges de Feure l’aménagement de ses salons dans le style Art déco, faisant de ce lieu un temple de la mode, à la conquête d’une clientèle internationale. L’organisation de la maison de couture fait preuve d’un esprit d’avant-garde. Femme engagée, Madeleine Vionnet la dirige comme une entreprise moderne emprunte d’un esprit social peu courant pour l’époque : l’établissement offre une cantine, un cabinet médical et dentaire gratuits pour le personnel et leur famille, une crèche, et elle accorde des congés payés et de maternité plus avantageux que ne l’imposent les lois sociales de l’époque.
En visionnaire éclairée, elle soutient l’Association pour la défense des Arts plastiques et appliqués dont l’objectif est de protéger les intérêts de l’industrie de la Haute couture en s’opposant à la contre-façon.
Elle ferme sa maison de couture en 1939 lorsque la guerre éclate, elle est alors âgée de 63 ans.
22 juin 2009
Le bain et le miroir
Jusqu’au 21 septembre, deux musées nous content simultanément l’histoire de la toilette à travers une exposition, Le bain et le miroir, soins du corps et cosmétiques, l’un, le musée national du Moyen Age (Paris 5e), de l’Antiquité au Moyen Age, l’autre, le musée national de la Renaissance (château d’Ecouen), durant la Renaissance.
Le bain était un moment important de la vie quotidienne dans l’Antiquité. Dans la salle du frigidarium du Palais des Thermes de l'antique Lutèce et dans deux autres espaces de l'hôtel de Cluny, un ensemble d’œuvres évoque l’art de la toilette : sculptures, vases, flacons de parfum, pyxides, boîtes à fards, nécessaires de toilette, objets de la vie quotidienne, miroirs, peintures, tapisseries...
Des manuscrits présentent les ingrédients utilisés et les différentes étapes de fabrication des cosmétiques.
Une étude des laboratoires de l’Oréal Recherche et le Centre de recherche et de restauration des musées de France a d’ailleurs permis l’analyse de 144 échantillons de produits : on redécouvre ainsi couleurs et odeurs de la beauté antique et médiévale.
Des objets contenant des traces de fard ou d'onguent, comme l’extraordinaire pyxide de Londres emplie de crème à blanchir ou encore des représentations de visages maquillés évoquent l’art d’embellir.
Rompant avec l’image d’un Moyen Age obscur, l’exposition montre la variété et le luxe des accessoires et rituels de la toilette.
L’art de la coiffure, d’un grand raffinement, se transmet d’une époque à l’autre. Peignes en ivoire, miroirs et autres instruments témoignent de la continuité des usages à travers celle des objets.
Si l’Eglise invite très tôt le fidèle au renoncement de soi, celui-ci n’en reste pas moins attaché aux soins corporels. Un goût du soin de soi qui perdure au Moyen Âge et se transmet à la Renaissance.
Au musée national de la Renaissance, 130 objets et oeuvres d’art restituent au cérémonial de la beauté à la Renaissance toute sa dimension esthétique et sociale.
Nécessaires de toilette, palettes à onguents, flacons à parfum, boîtes à fards, miroirs, peignes, parures de cheveux sont replacés dans leur contexte et mis en regard de représentations peintes et sculptées. Cette confrontation entre la beauté parfois idéalisée propre aux artistes de l’époque et ces témoignages de la culture matérielle et quotidienne permet de mieux comprendre les usages d’une civilisation où l’apparence et le soin de soi jouent un rôle important.
L’exposition est également l’occasion de découvrir un ensemble architectural remarquable, exceptionnellement ouvert au public : l’appartement des bains du Connétable Anne de Montmorency, témoignage rare des bains aristocratiques à la Renaissance.
14 avril 2009
Les marins font la mode
Jusqu’au 26 juillet, le musée national de la marine (16e arrond. – Paris) nous parlera de mode avec son exposition "Les marins font la mode".
A travers des pièces rares provenant de ses collections et du conservatoire du commissariat de la Marine à Toulon, le musée raconte ainsi comment tricots rayés, vareuses, cabans, pantalons à pont, bonnets à pompon, qui emplissaient le sac du marin au XIXe siècle, sont devenus rapidement une source d’inspiration pour les couturiers.
Dans les années 1840, l’uniforme de marin fait son apparition dans la vie civile. 
La reine Victoria d’Angleterre habille ses enfants en marins, bientôt imitée par les familles régnantes européennes.
Dans les années 1880, il se répand dans la plupart des couches de la population.
Au début du XXe siècle, avec l’essor du tourisme balnéaire, les costumes de bain, les tenues de plage et d’excursion voient le jour, un style qui s’invite en ville.
Dès 1913, Gabrielle Chanel s’inspire des pantalons à pont et des marinières pour créer des vêtements féminins souples et confortables.
Depuis les années 1960, les grands noms de la mode française, Yves Saint Laurent en tête, puisent régulièrement leur inspiration dans l’univers marin.
Regroupées sur un somptueux podium, l’exposition présente quelque 35 créations, de Jeanne Lanvin à
Jean-Paul Gaultier en passant par Chanel, Margiela et Givenchy.