moyen_age_bainJusqu’au 21 septembre, deux musées nous content simultanément l’histoire de la toilette à travers une exposition, Le bain et le miroir, soins du corps et cosmétiques, l’un, le musée national du Moyen Age (Paris 5e), de l’Antiquité au Moyen Age, l’autre, le musée national de la Renaissance (château d’Ecouen), durant la Renaissance.
Le bain était un moment important de la vie quotidienne dans l’Antiquité. Dans la salle du frigidarium du Palais des Thermes de l'antique Lutèce et dans deux autres espaces de l'hôtel de Cluny, un ensemble d’œuvres évoque l’art de la toilette : sculptures, vases, flacons de parfum, pyxides, boîtes à fards, nécessaires de toilette, objets de la vie quotidienne, miroirs, peintures, tapisseries...
Des manuscrits présentent les ingrédients utilisés et les différentes étapes de fabrication des cosmétiques.
Une étude des laboratoires de l’Oréal Recherche et le Centre de recherche et de restauration des musées de France a d’ailleurs permis l’analyse de 144 échantillons de produits : on redécouvre ainsi couleurs et odeurs de la beauté antique et médiévale.
renaissance_toiletteDes objets contenant des traces de fard ou d'onguent, comme l’extraordinaire pyxide de Londres emplie de crème à blanchir ou encore des représentations de visages maquillés évoquent l’art d’embellir.
Rompant avec l’image d’un Moyen Age obscur, l’exposition montre la variété et le luxe des accessoires et rituels de la toilette.
L’art de la coiffure, d’un grand raffinement, se transmet d’une époque à l’autre. Peignes en ivoire, miroirs et autres instruments témoignent de la continuité des usages à travers celle des objets.
Si l’Eglise invite très tôt le fidèle au renoncement de soi, celui-ci n’en reste pas moins attaché aux soins corporels. Un goût du soin de soi qui perdure au Moyen Âge et se transmet à la Renaissance.
Au musée national de la Renaissance, 130 objets et oeuvres d’art restituent au cérémonial de la beauté à la Renaissance toute sa dimension esthétique et sociale.
Nécessaires de toilette, palettes à onguents, flacons à parfum, boîtes à fards, miroirs, peignes, parures de cheveux sont replacés dans leur contexte et mis en regard de représentations peintes et sculptées. Cette confrontation entre la beauté parfois idéalisée propre aux artistes de l’époque et ces témoignages de la culture matérielle et quotidienne permet de mieux comprendre les usages d’une civilisation où l’apparence et le soin de soi jouent un rôle important.
L’exposition est également l’occasion de découvrir un ensemble architectural remarquable, exceptionnellement ouvert au public : l’appartement des bains du Connétable Anne de Montmorency, témoignage rare des bains aristocratiques à la Renaissance.