Objet sensible

Des choses et d’autres, mais essentielles. Car la beauté de l’objet c’est la beauté du geste. Celui de le créer puis celui de l’aimer. Objets inanimés, avez-vous une âme ? Oui, oui, la nôtre !

30 mars 2008

Le livre des parfums

rimmel_titreodoratEn 1834, âgé de 14 ans, Eugène Rimmel participe à l’ouverture par son père, qui dirige jusqu’alors avec succès une parfumerie de la Bond street à Londres, de sa propre parfumerie*.
La même année, ils commencent à produire leurs premiers cosmétiques. Le plus célèbre est sans doute le mascara, désigné encore aujourd’hui dans plusieurs langues ,notamment le français et l’italien, par le mot "rimmel".
Cosmétologue notoire, Eugène Rimmel, qui était aussi un homme d'affaires et de marketing, a écrit des ouvrages d’importance.
En 1870 sort la version française et complétée de The book of perfume, Le livre des parfums, qui reste aujourd’hui la bible.
Voyage initiatique au monde des parfums, ce livre nous transporte à travers les époques, les epays et les odeurs.
Il a été réédité par Molière éditions en mai 2007.

*Rimmel, une des plus anciennes marques de cosmétiques s’appelle aujourd’hui Rimmel Londres et appartient à la société Coty Deutschland GmbH.

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24 mars 2008

60 ans d'Air du temps

L_Air_du_tempsAprès la guerre pendant laquelle son activité s’était interrompue, la Maison de couture Nina Ricci, qui se lance à l’international, met son esprit créatif au service de la parfumerie.
En 1948 naît L’Air du temps.
Alors que les compositions de l’époque sont capiteuses, cette fragrance ose la fraîcheur, la légèreté, la délicatesse avec ses notes d’oeillet et gardénia (note de tête), rose et jasmin (note de cœur), iris, bois de santal de mysore, girofle... Une trentaine ingrédients composent ce parfum imaginé par Francis Fabron.
Une originalité qui répond certainement à ce qu’attendent les femmes au lendemain de la guerre, car après une entrée sur le marché un peu timide, le parfum connaît un vrai succès.
Son superbe flacon, dessiné par Jean Rebull et conçu par Marc Lalique, n’y est certainement pas étranger : un soleil surmonté d’une colombe en 1948, puis de deux colombes dès 1951. En 1999, il reçoit  d’ailleurs le titre de flacon du siècle.
Une création qui évoque l’intemporalité et défie le temps : L’Air du temps, best-seller de la Maison Nina Ricci, est l’un des parfums les plus vendus dans le monde.
Cette année, ce parfum emblématique fête donc ses 60 ans. A cette occasion, Olivier Theyskens, l'actuel directeur artistique de la marque, l’a habillé en s’inspirant d’une élégante robe drapée en voile jaune de la collection automne hiver 2007/2008 Nina L_Air_du_temps_60_ansRicci. Ainsi paré de plumes vertes, il évoque une fleur légère.
Cette édition limitée très couture de 50 ml sera disponible dès avril.

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16 mars 2008

Louise Bourgeois : l'art à bras le corps

Louise_BourgeoisL’œuvre de Louise Bourgeois est troublante. Sans doute parce que, exploration de son propre intime, elle nous renvoie à notre condition humaine à tous.
Mère araignée, femmes maisons, enfance inspiration, père trahison… autant de thèmes obsessionnels, fondateurs de cette œuvre qui se révèle être pour Louise Bourgeois une question de vie ou de mort. Elle sacrifie la vie à son art parce que celui-ci lui permet de vivre. Un art thérapie avec lequel elle exorcise ses peurs, ses drames, ses souffrances. « J’ai misé sur l’art plutôt que sur la vie », précise-t-elle, et son œuvre monumentale Precious liquids affiche que « L’art est une garantie de santé mentale ».
Née le jour de Noël en 1911, dans une famille aisée et artiste installée à Paris, Louise Bourgeois, après des études à l’école du Louvres, suivra en 1938 son mari, l’historien d’art américain Robert Goldwater à New York où elle vit encore aujourd’hui. Dans les années 40, elle rencontre les surréalistes en exil et monte une exposition en collaboration avec Marcel Duchamp. Du dessin, elle passe à la sculpture, son art libérateur.
Renouvelant sans cesse son expression à travers différents mouvements artistiques, Louise Bourgeois développe un langage personnel, nous donnant à voir avec force sa vérité.
Pas de sensiblerie dans cette œuvre-là, où les corps sont découpés, desséchés, greffés… Mais l’authenticité qui en découle provoque l’émotion.
E n 1982, le MoMA lui consacre sa première rétrospective, la première aussi que le musée d’art moderne de NewYork consacre à une femme. Elle a alors 71 ans. Artiste majeure de la fin du 20e siècle et du début du 21e siècle, son œuvre, entre figuration et abstraction, exerce spiderune grande influence sur de nombreux artistes.
L’exposition rétrospective de son œuvre, organisée par le Centre Pompidou (4e arrond.) en collaboration avec la Tate Modern de Londres jusqu’au 2 juin, présente plus de 200 oeuvres - peintures, sculptures, installations, dessins, gravures, objets -, réalisées entre 1940 et 2007. 67 ans de création.

Photo 1 : Louise Bourgeois en 1990, derrière sa sculpture en marbre Eye to Eye, 1970 - Photo Raimon Ramis

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08 mars 2008

Presse à la mode

petit__chos_de_la_modeParcourir l’exposition consacrée au Petit Echo de la mode, à la Bibliothèque Forney  (4e arrond.) jusqu’au 3 mai, c’est un peu redécouvrir l’histoire de la presse spécialisée et celle de la mode.
103 ans d’existence de ce journal, qui doit faire rêver pas mal de titres aujourd’hui, sont ainsi contés : c’est en effet l’un des plus grands tirages de la presse française.
Cet hebdomadaire familial et féminin a été fondé en1880 par Charles Huon de Penanster.
Le succès fut immédiat. De 19 000 à ses débuts, le magazine atteindra 1,5 million d’exemplaires en 1950.
Mais la concurrence et la télévision auront raison du Petit Echo de la mode, qui disparaît en 1983.
Une saga retracée à travers des exemplaires originaux du magazine, mais également des costumes et des accessoires de mode.

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01 mars 2008

Man Ray, le génie de l'imaginaire

Man_RayDu 5 mars au 1er juin, la Pinacothèque de Paris (8e arrond.) met Man Ray, un pionnier de l’art moderne, à l’honneur avec l’exposition «L’Atelier Man Ray, Unconcerned but not indifferent». Un événement!
Emmanuel Radnitzky, dit Man Ray, est né le 27 août 1890 à Philadelphie (États-Unis). Après ses études secondaires, il se consacre au dessin, à la peinture et fréquente l'école libertaire Ferrer Centre, puis l'Armory Show, où il rencontre des artistes européens d'avant-garde, notamment Marcel Duchamp. Avec lui, il crée une branche à New York du mouvement Dada, mais celui-ci reçoit peu d'écho. Il part alors en 1921 s'installer à Paris. Au centre de la vie artistique, il rencontre peintres, photographes, poètes et intellectuels. Marcel Duchamp lui présente les surréalistes Louis Aragon, André Breton, Paul Éluard et Gala, Théodore Fraenkel, Jacques Rigaut et Philippe Soupault. A Montparnasse, où il a posé ses valises, il croise la chanteuse et modèle Kiki de Montparnasse, dont il tombe amoureux.
Il rencontre également le couturier Paul Poiret, pour qui il réalise de nombreuses photos de mode, qui contribuent à le faire connaître. Avec Jean Arp, Max Ernst, André Masson, Joan Miró et Pablo Picasso, il présente ses œuvres à la première exposition surréaliste de la galerie Pierre à Paris en 1925, et en 1928, il tourne à la villa de Noailles, à Hyères, la propriété de son amie Marie-Laure de Noailles, son premier film Les Mystères du Château des Dés.
Durant trente ans, Man Ray révolutionne la photographie. Les grands artistes, James Joyce, Gertrude Stein ou encore Jean Cocteau posent devant son objectif. En 1940, après la défaite, Man Ray s'embarque pour les États-Unis en compagnie de Salvador Dalí, de Gala et du cinéaste René Clair. A Hollywood, il rencontre Juliet, qui deviendra sa femme, et décide de se remettre à peindre. Il meurt le 18 novembre 1976 et est inhumé au cimetière de Montparnasse où on peut lire sur sa tombe : "Unconcerned, but not indifferent" (Détaché, mais pas indifférent).
C’est son oeuvre polymorphe, l'une des plus inventives de son époque, résultat de la rencontre entre diverses techniques - dessin, peinture, sculpture, photographie, film, objets, assemblages… - et d’une imagination débordante et décalée, que nous emmène revisiter la Pinacothèque. Une rétrospective d’envergure, inédite : pour la première fois, toutes les facettes et les différentes époques de la création de l’artiste seront dévoilées à travers une sélection exceptionnelle d’œuvres, la plupart présentées pour la première fois, provenant du Man Ray Trust (Long Island, New York).

Pour redécouvrir de manière ludique la vie de Man Ray, il faut lire  le roman BD, Kiki de Montparnasse, de Catel & Bocquet, paru aux éditions Casterman écritures. Le portrait de l’artiste qui illustre ce texte en est extrait.

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